Goodbye 2014, hello 2015

2014 a encore été une année foutraque au niveau du boulot, mais enfin, quelle année ne l’a pas été? J’ai une vague impression d’avoir stagné sur certains projets alors que, en étant réaliste, pas mal de choses positives sont arrivées.

Alors je vais faire comme disent les Anglais, « counting my blessings ». Compter mes bénédictions, littéralement. Énumérer cette multitude de petites chances. Ça regonfle l’ego. Commençons par le début, j’ai de la chance d’avoir un toit, un bel appartement, dans un quartier que j’aime, j’ai la chance d’être en bonne santé. J’ai la chance d’avoir des amis,d’être amoureuse, d’avoir une famille soudée.

J’ai de la chance d’être arrivée à vivre de mon travail en freelance pendant presque 5 ans (c’est fou ça, qui l’eût cru?), j’ai de la chance de maîtriser les codes du graphisme, j’ai de la chance de savoir dessiner – car le dessin et le graphisme, malgré les apparences, sont des apprentissages longs et complexes. J’ai de la chance d’avoir un bon niveau en dessin, et de continuer à progresser, de la chance de continuer à dessiner régulièrement, pas tous les jours, quand tant d’anciens collègues d’étude ont laissé tomber.

La question qui se pose en ce moment c’est « Qu’est-ce que je veux faire les dix prochaines années? ». Difficile de répondre catégoriquement quand on essaie de voir sur un horizon d’une année. Il y a l’idée de faire autre chose: je ne suis pas fermée sur l’idée d’une reprise d’étude ou d’un changement de région, pour ne pas me laisser enfermer, pour garder éveillée mon insatiable curiosité. Il y a l’envie, qui revient, de voyager, dessiner, découvrir. L’envie, enfin, de lutter contre mon propre immobilisme et de travailler davantage sur des side-projects créatifs, du projet artistique, pour moi, complètement pour moi après tout ce temps à travailler pour les autres. Tout ce que je peux faire pour sortir de ma zone de confort, tout en étant redevable des belles choses qui me sont arrivées cette année.

2014, les points forts

Le Local 19

Comme vous l’avez peut-être suivi ici, le Local 19 a connu sa grande mue en Mai 2014: doublement de la superficie de l’espace de coworking, création d’un studio photo à part. Nous avons désormais 110 m² en plein centre de Clermont. L’édition 2014 des Arts en Balade nous a poussé à finir les travaux en 1 mois, ce qui en temps normal nous aurait pris le double voire le triple. Le succès des expositions, puis le confort apporté par des espaces de travail plus grands et plus segmentés (haaaa, un espace repos, enfin! Et des WC à l’intérieur!) nous ont conforté dans ce choix. Car il y avait toujours un risque que la sauce ne prenne pas, ou que les coûts soient trop importants. Entre-temps, de nouveaux « localiens » se sont joint à nous: Raphaël, Pierre et puis Margaux, sans compter Mihaela et Fanny qui ont renforcé leur présence parmi nous.

Malgré tout ces nouveaux locaux ont marqué des changements. Si les travaux en commun ont, me semble-t-il, renforcé les liens sur l’équipe d’origine, par la suite les rencontres improvisées se sont espacées sur la deuxième moitié de l’année. Un peu la faute au travail à rattraper, à la fin des vernissages organisés dans le Local, à l’agrandissement de l’équipe. Mais en bref, un bilan très positif, qui nous pousse à nous affirmer définitivement comme un des principaux espaces de coworking de Clermont-Ferrand.

Le freelance

Pour moi 2014 a signé l’arrêt du freelance. Plusieurs raisons à ça: une année 2013 démotivante, des projets qui se sont mal passés, un revenu qui flanche, puis pour finir la fin d’un contrat de plusieurs années avec un gros client. Mon rapport à mon métier a également changé, petit à petit: les métiers du webdesign et du graphisme web ne me conviennent plus tout à fait. C’est un métier où on avance par passion, où on vend du jus de cerveau. Je me suis engagée dans le graphisme par opportunités, plutôt que par réelle envie: je savais que tôt ou tard je ressentirai le besoin de faire un pas de côté et de prendre du recul sur ce métier. Difficile d’avancer quand l’envie n’est plus trop là; je préfère mettre de côté ce que j’aime et m’éviter de persévérer comme un âne.

Malgré tout, la liberté et l’autonomie de ce statut vont me manquer, je reste persuadée que je reviendrai tôt ou tard au freelance ou à la création d’entreprise, mais avec un projet différent. Si je ne devais plus bosser sous l’étiquette de graphiste ou webdesigner, les compétences acquises seront toujours utiles à l’avenir: savoir répondre à un brief, savoir composer une image, choisir une typo, connaître les bases de la chaîne graphique et les principes de l’intégration web…

Je pensais garder du freelance à côté, ça ne se fera pas pour le moment. Mes rares projets freelance se sont avérés très décevants et m’ont dévoré du temps et de l’énergie; la priorité reste pour moi de travailler pour ma pomme, sur des projets qui n’auront pas vocation à être rentables.

Le boulot

Je n’en ai pas trop parlé mais une des principales raisons de mon abandon du freelance est le fait d’être, depuis plus d’un an maintenant, salariée d’une boutique de vêtements sur Vichy. Non, pas de poste de vendeuse, mais un poste très touche-à-tout où je prends les casquettes de webdesigner, responsable éditoriale, chargée de communication sur la partie « e-commerce » de la boutique, qui prend de l’ampleur. Et comme on est une petite boîte, je suis parfois la photographe produit, la traductrice et l’intégratrice web de la boutique en ligne.

Je découvre un nouveau boulot, où je gère mon boulot en toute autonomie de A à Z. Je travaille principalement à distance, depuis Clermont-Ferrand (j’aurais cependant à redire au tout-télétravail, qui n’est pas toujours la panacée, mais j’y reviendrai). L’avantage de salariat avec la souplesse du  freelance. Je suis finalement passée d’un mi-temps à un temps plein ce début d’année, et ce qui devait être une situation provisoire a bien l’air de durer. Pour le moment. En tout cas me voici face à une nouvelle aventure, une nouvelle direction, un nouveau domaine (le e-commerce) assez polymorphe et finalement passionnant.

Au niveau perso

Je profite d’une belle histoire d’amour depuis deux ans. Là aussi, qui l’eût cru? Auprès de lui je me réfugie dans une petite bulle de bonheur, où les choses se font plus belles, plus légères. Et parfois, oui, je me replie sur mon couple, parce qu’il est dur de sortir d’une telle zone de bien-être. C’est mon ami, mon amour, c’est celui qui m’écoute, c’est celui qui me fait rire. C’est beau, calme et lumineux.

Et après? Il nous faudra bien trouver un jour un chez-nous en commun, concilier nos envies diamétralement opposées de cadre de vie (le rat des villes et le rat des champs, à vrai dire le seul petit nuage de notre relation). Je vois également de plus en plus d’amis ou d’anciens collègues pouponner. Si par mon histoire familiale et mes longues années de célibat j’ai été préservée de cette question, j’ai l’impression que la réalité me rattrape. La parentalité n’est pas quelque chose dans lequel je me projette; je ne suis pas vraiment du genre à vouloir materner ou à me pâmer devant un nourrisson. J’ai trop d’envies, de passions, de projets pour ne pas craindre de me perdre en chemin (parce oui, merci la parole des parents décomplexée, on ne te cache plus qu’un gosse c’est crevant et chronophage).

La maison avec jardin, le labrador, la Scénic et les marmots, pas pour 2015, donc.

Les autres trucs chouettes de 2014

Ma photo avec Julien Lepers sur le plateau de Questions pour un chamion

– En 2014, j’ai enfin réalisé un (petit) rêve de gosse: être sélectionnée à Questions Pour un Champion. Pari réussi. L’émission a été enregistrée le 14 février (la St-Valentin) et diffusée… le 1er avril. On s’en souviendra! On passera ma rapide défaite, mais au moins j’aurai rencontré Julien Lepers en chair et en os et passé une journée géniale sur les plateaux de St-Denis. Accompagnée de mon fan-club de choc, Maman, Belle-Maman, un ami et mon mec, ce fut une sacrée expérience. Je n’ai pas eu le temps de raconter ça sur le blog, mais un grand bravo à toute l’équipe, qui fait un super travail et se met en quatre pour mettre à l’aise les candidats, et au présentateur, cabot comme pas deux, une vraie pile électrique!

– Cadeau d’anniversaire: petit séjour à Disneyland avec mon mec en Mars 2014, presque 10 ans que je n’y avais pas été.

Florence

– L’Italie! Enfin des vrais congés payés, deux semaines oui madame. En Septembre nous avons fait le tour de la Toscane: une belle claque sur les paysages et la lumière, des rappels de nostalgie d’enfance, un premier voyage réussi avec mon mec. Je ne résiste pas prochainement à l’envie de diffuser quelques photos: le sfumato toscan n’est décidément pas une légende…

Alors quoi de neuf pour 2015?

Le temps de rédiger cet article, 2015 a été bien entamée. Pour 2015 je m’étais plutôt prévu une sorte de feuille de route avec pour principaux objectifs de terminer les finitions de mon appartement, et sortir la tête de l’ordinateur (en gros, de l’activité physique, des sorties, apprendre de nouvelles choses).

Passées les fêtes de Noël, après une fin 2014 un peu morose (et mon habituelle dépression saisonnière) j’ai pris plusieurs choses à bras le corps, et quelques semaines après je peux vous dire que ça fait un bien fou à la tête. Les travaux de finition chez moi ont pris une bonne avancée, les cadres sont accrochés au mur, les passages à la déchetterie ont libéré de l’espace. Je reprends plaisir à habiter chez moi, enfin. J’ai acheté un piano (merci aux étrennes de ma famille), je vais réapprendre la musique, difficilement mais doucement, après vingt ans de vague regret. Je me suis réinscrit à l’aïkido. Je me suis remise à courir, et j’espère courir 10 km d’ici la fin de l’année. Je reprends l’allemand, avec ma petite méthode Assimil; je commence mes matins par quelques étirements et un peu de méditation, je prends même mes petit-déjeuners.

Il me faudra certainement sortir de ma bulle et aller davantage vers les autres après cette année de repli sur soi, il faudra que j’ose prendre à nouveau certains risques, il faudra que je décide quelle voie prendre à l’avenir… toujours le graphisme et le web, ou enfin assumer et me lancer dans plus de création?

L’avenir nous le dira. Je sais que rien n’est acquis et que les choses se font petit à petit. Je cherche juste encore ma voie, celle où j’aurai les papillons dans le ventre.

 

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Directrice artistique et illustratrice sur Clermont-Ferrand, originaire de Toulon. Je tiens ce blog depuis 2005. J'aime le dessin (sans déconner), le DIY (broderie, peinture), l'animation, le motion design et la photographie. Sinon j'ai un (gros) chat roux un peu idiot, j'aime le bon café à l'italienne, les voyages, dessiner à la terrasse d'un café et les fromages un peu forts.

3 Comments

  1. Bonjour Sophie,

    Je réponds sur ton blog à ton commentaire sur linkedin.

    Déjà une fois encore merci pour ce billet.
    Il est assez rare de trouver quelqu’un qui parle avec transparence et sans pudeur de sa vie de freelance.
    Je pense que nous sommes pourtant nombreux (freelance, petite agence, boulanger… humain quoi) à se poser ce type de questions.
    C’est toujours une grande aide de lire ce type de billet, ça rassure dans un sens. On est moins seul face à nos doutes et réflexions :).

    C’est motivant aussi et rien que pour le fait de m’inspirer dans mon propre contexte, je te suis reconnaissant.

    Pour te rassurer, je ne trouve pas du tout que ton article soit brouillon ou mal construit, tout est limpide !

    Voilà pour un petit commentaire en vrai sur ton blog.

    Du coup hâte de te lire.

    Olivier

  2. Merci encore pour ton commentaire 🙂

    C’est après avoir lu le témoignage d’un entrepreneur qui avouait en toute humilité comment il sentait venir le mur que j’ai senti qu’il fallait faire un revirement avant qu’il ne soit « trop tard » (et j’avais déjà fait à ce moment quelques erreurs).
    Souvent dans les métiers-passion, où l’on doit mettre en avant une motivation de fier-à-bras, il semble malvenu d’avouer une faiblesse. C’est un tort selon moi, parce que,sans tomber dans l’auto-complainte comme le font beaucoup, il est pour moi plutôt sain de souvent faire un auto-diagnostic de sa propre motivation. Pourquoi? Parce qu’aussi les métiers du web demandent une remise en question permanente, une nécessité continue d’auto-formation, et qu’on ne peut pas se permettre de mettre la tête dans le sac trop longtemps.

    C’est tout de même bête que certains considèrent ça comme un tabou 🙂 Remettre les pendules à l’heure à ceux qui se plaignent tout le temps sans critiques constructives c’est une chose, être dans une attitude positiviste à tout crin ne fait rien avancer non plus 🙂 Comme je le dis souvent, le graphisme n’est pas une passion première, ni même l’illustration, ça m’a permis très souvent de prendre du recul… ça n’empêche pas que je prends ces métiers très au sérieux: tant que je peux apporter quelque chose, je continue. Le jour où je sens que je n’apporte plus rien, j’arrête ou je fais une pause, je ne manque pas d’idées pour la suite (ça peut être un manque de temps et de ressources par contre)

  3. Je me fais souvent la même remarque que toi, montrer tes doutes ou parler de tes erreurs est hélas perçu comme une faiblesse.
    Je pense bien au contraire que c’est une force.
    Nous ne sommes pas des machines, nous sommes des humains et 100% des humains ont des doutes.
    L’erreur serait de s’interdire toute remise en cause par peur du jugement et se prendre le mur qu’on voit arriver de très loin la plupart du temps.
    C’est de l’aveuglement pas de la détermination.
    Nos amis anglo-saxons ont une autre vision de tout cela et j’y adhère.

    Vraiment content de t’avoir (re)découvert via ton billet.

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