Train trip en pays flamand partie 3: Anvers

place Heinrick conscience à Anvers

Troisième partie de mon « train-trip »: Anvers!

J’avais gardé en tête l’envie d’y revenir, depuis ma première étape de mon voyage en cargo. Evidemment, vu le contexte de l’époque, j’en ai gardé un souvenir un peu étrange et vaseux: j’avais débarqué à Anvers en plein mois d’octobre, ravagée par l’anxiété à l’idée de me lancer dans un voyage en solo. J’avais alors les idées très confuses, et j’avais découvert une ville portuaire désertée, sous la bruine et couverte partiellement par le brouillard. Malgré tout, ou peut-être à cause de tout ça, j’avais adoré le vieux centre anversois.

Alors imaginez mon bonheur de découvrir la ville avec une lumière d’été avec ses boutiques ouvertes, ses terrasses et ses rues animées! Voici quelques dessins et photos…

Pour le fun, bien sûr, je me suis amusée à redessiner la vue que j’avais faite il y a 4 ans, sur la place devant la cathédrale… Moment amusant: le petit mémorial pour le livre « A Dog of Flanders » (très prisé alors des Japonais chez qui le livre a gardé sa notoriété) a été remplacé par la statue de Nello et Patrache (les personnages du livre). C’est plus visuel, plus « instagrammable » et il faut dire, plus plaisant à dessiner!

place de la cathédrale anvers
statue nello et patarche anvers
La statue de « Nello et Patrache »

Un autre point d’étonnement, à côté duquel j’étais complètement passée à côté: l’omniprésence de statues de vierges à l’enfant, qui ornent les bâtiments. Rien d’anormal, me direz-vous, ce sont des ornements très classiques à l’angle de nos vieilles maisons un peu partout. Sauf qu’ici elles sont énormes et surtout baroques, très baroques! Les statues doivent bien dépasser le mètre cinquante, et les dorures ont été refaites à neuf. Moi qui associe culture flamande avec religion protestante, une telle présence mariale me surprend. C’est qu’on oublie qu’Anvers et la Belgique ont été terres espagnoles et catholiques. Et renseignements pris, les catholiques sont très présents ici. Cela fera un fort contraste, plus tard, avec ma visite d’Amsterdam.

vierge à l'enfant grote markt anvers
wolstraat anvers
stadsfeestzvaal anvers

Une autre surprise: le calvaire de l’église St-Paul. Une reconstitution en fausse rocaille, accolée au mur extérieur de l’église. La canicule qui allait nous frapper quelques jours plus tard commençait à darder, ce qui a donné des contrastes inquiétants à cette scène.

calvaire st paul anvers

Et une autre surprise: le musée de l’imprimerie Plantin-Moretus. Le deuxième jour je suis passée devant par hasard. J’ai beau être graphiste de métier, l’idée ne m’avait pas séduite. J’ai encore un peu tendance à esquiver les musées un peu « techniques », hors œuvres d’art. C’est un tort, car ils font des sujets riches pour le dessin, et on y apprend beaucoup. Au matin du troisième jour, je me suis pointée à l’ouverture et je suis tombée sur la plus belle cour du centre d’Anvers.

musée plantin moretus Anvers, photo
musée plantin moretus Anvers, photo

C’est donc l’imprimerie de la famille Plantin Moretus, une des plus vieilles du monde, et qui a été en activité pendant presque 2 siècles dans ce même bâtiment. Il y a une certaine émotion à découvrir les plus vieilles presses à imprimer du monde (elles peuvent encore fonctionner!), les vieilles casses à typographies et les premiers caractères Garamond. Il y a encore trente ans, mes prédécesseurs graphistes et typographes travaillaient encore comme cela, ou presque. Une leçon d’histoire, et d’humilité.

La cour et le bâtiment donnaient également une bonne idée de la manière de vivre d’une famille de notables entre les 16e et 17e siècles. La collection de plusieurs ouvrages imprimés là étaient aussi autant d’aperçus sur la vie quotidienne d’alors pas si différente parfois. Il y a quelques incunables, beaucoup de bibles, des almanachs, des bulletins d’opinions (dont un où le fondateur se plaignait des auteurs qui demandaient rétribution pour leur travail alors qu’il piquait allègrement dans leurs contenus pour éditer ses livres – tiens, tiens, rien ne change décidément!), des pétitions contre la ville ou un gouvernement, les premiers atlas ou dictionnaires, touchants de maladresse et réalisés de manière complètement autodidactes…

Bref, je vous recommande la visite de ce musée, situé non très loin du musée Rubens, une autre vieille bâtisse de la même période sur un autre enfant du pays un peu plus connu, mais les deux valent le coup pour ces moments hors du temps.

musée plantin moretus Anvers
musée plantin moretus Anvers
musée MAS anvers

Allez hop! J’ai profité de quelques vieux cafés pour déguster les bières locales d’Anvers. Mes trois jours auront passé très vite, il est à présent temps de reprendre le train et de partir pour Amsterdam, rejoindre le symposium annuel Urban sketchers!

Vous pouvez suivre mes autres étapes de mon train-trip ci-dessous:

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